
TRANSFERT DE MATIERE : EXTRACTION Liquide/Liquide
Définition : L’extraction liquide liquide consiste en un
transfert de matière entre deux phases liquides non ou partiellement miscibles.
Applications : Recyclage solvants -
Purifications de principe actifs (Pharma) - Récupération & concentration
des cations métalliques (Cu, Zn,
Ag, Au, Cr, Cd,…) -
Récupération de l’uranium…
Les avantages part rapport à la distillation :
Teb sont proches ; produits thermosensibles ; économies d’NRJ (chauffe et refroidissement)
I- Représentation des équilibres – Diagrammes
utilisés :
1) Notations :
A=
diluant ; B= solvant ; C= soluté Þ Débits
en kg/h ou kmol/h
Entrées : L=A0+C0, V=B0 (+C) selon le système étudié
Sorties : R=A+[C en moins] (+B), E=B+[C en plus] (+A)
en fonction de la solubilité
2) Diagramme triangulaire (ternaire) :



Différents cas sont possibles :
A, B, C peuvent être ; totalement miscibles
(séparation impossible Þ 1 phase) - A et B non ou partiellement miscibles
(séparation possible Þ zone à 2 phases)

Rq : 1/ Pour une bonne séparation, il faut non seulement que le
soluté présente une plus grande affinité pour le solvant B que pour le diluant
A (conodale = droite d’équilibre de pente =
coefficient de partage K=f(T°)>1)
mais aussi que A et B soient de masses volumiques différentes et qu’ils soient non
ou partiellement miscibles. 2/ Les conodales
ne sont pas parallèles mais ne se croisent jamais (dans la zone de non
miscibilité !!). 3/ Tout mélange de composition correspondant à un
point situé sur cette conodale se verra réparti en deux fractions E et R de
« masses » telles que E/R = (MR)/(ME) [règle du bras de
levier] et M=E+R [B.M.] avec xMM=xEE+xRR [B.M.] et K= xE/xR [coeff. de partage]. 4/ Pc : Point critique :
conodale = 1 point Þ {R&E = M = L&V}
3)
Courbe de distribution XR =
f (XE) ou XE = f (XR) :
Chaque point de la courbe est un équilibre entre xE et xR.
Il suffit de placer sur l’isotherme (de même
T°) un couple xE, xR respectivement xE
du côté de l’extrait (côté solvant ; E, V, B) et xR du côté du raffinat (côté
diluant ; R, L, A) pour obtenir la droite d’équilibre (conodale) correspondante.

II-
Détermination expérimentale d’un diagramme ternaire :
1) Isotherme de solubilité :
On prépare des binaires de solvant & diluant auxquels on rajoute du soluté jusqu’à atteindre l’isotherme de solubilité, « passage de deux phases à une ».
Méthode A : Méthode
B : On peut aussi en
supposant que l’on a une seule zone de non miscibilité (classiquement du
type de celle représentée ci-dessus) raisonner en partant de (2) , rajouter du solvant B pour repasser dans la zone de
non miscibilité jusqu’à (3) nouveau point de l’isotherme et puis en partant
de (3), on rajoute du diluant A jusqu’à (4) par exemple… Méthode
C : On peut également « travailler en escalier » : à
partir de (2) on rajoute une quantité connue de B puis on introduit à
nouveau du soluté C... (Ce procédé est aussi valable en ajoutant
successivement A, puis C, …Þ bleu foncé) (1) binaire
de départ A/B --- Ajout de soluté C
--- (2) Limite de solubilité Þ isotherme On peut reproduire se
schéma à partir de différents binaires. Deux cas sont possibles : - Soit le binaire de départ est homogène (et dans
notre cas on se trouve dans les zones
bbbleues) Þ On peut alors rajouter du soluté et repasser dans
une zone de non miscibilité mais ccccccela
est rare dans les cas « les plus classiques » - Soit le binaire de départ comporte deux phases,
on ajoute alors du soluté jusqu’à
ppppasser dans la zone de
miscibilité (transition sur l’isotherme de solubilité) Þ On
ppppppeut continuer pour trouver
une éventuelle nouvelle zone de non miscibilité mais ccccccccomme
dans le cas précédent, cela ne s’observe pas dans les cas classiques.

Les trois méthodes ci-dessus sont de la première à
la dernière de moins en moins consom-matrices en
solutions mais demandent de plus en plus de précision (les points se
rapprochent).
2)
Détermination des conodales :
Une fois l’isotherme de
solubilité établie, on balaie la hauteur de la zone de non misci-
bilité avec des
points figuratifs. On réalise les mélanges correspondant que l’on laisse
décanter dans des ampoules puis on titre en soluté extrait
et raffinat dont les points
figuratifs (R&E) doivent être alignés avec le point
figuratif du mélange initial M.
III- Choix du solvant/diluant - propriétés du
solvant/diluant :
1) C’est une étape primordiale ! Le solvant
doit :
-
bien
solvater le soluté (mieux que le diluant SVP !)
-
être
bon marché
-
ne
pas être (trop) toxique/corrosif/polluant…
-
être
recyclable
-
être
de densité différente de celle du diluant et peu miscible avec lui …
2) Les différentes familles ; les solvants/diluants
sont pour :
-
1/3 des oxygénés
-
1/4
des aliphatiques (coupes pétrolières)
-
18%
des aromatiques
-
14%
des glycols (EG, DEG, PEG...)
-
10%
des halogénés (Cl et F)
3) Paramètre de solubilité :
dd= forces de dispersion de London Þ squelette carbonés (Cx)
dp= forces d’interaction dipolaire Þ fonctions polaires (-X)
dh= forces de liaison hydrogène Þ fonct° protiques (N-H,
O-H, S-H) & fonct°
acceptrices de liaisons H
Þ Diagramme 3D
Pour choisir un solvant d’extraction : le soluté doit avoir (bien) plus
d’affinité pour lui que pour le diluant (K>>1) – solvant et diluant ne
doivent être que peu ou pas miscibles, de densités différentes, de faible
viscosité – le solvant doit être le moins cher possible, peu toxique,
facilement recyclable et présenter une bonne tension superficielle par rapport
au garnissage (si trop forte, il se fixe au garnissage et la surface
diluant/solvant s’amoindrit diminuant ainsi l’échange entre phases- si trop
faible, au contraire, le solvant n’et pas retenu et le garnissage ne joue plus
sont rôle « d’agent d’augmentation
de surface d’échange entre phases ».
On fait ici l’hypothèse que A et B sont tota-lement non miscibles. BM global : L0+Vn+1=Ln+V1 BM partiel : xL0L0=xLnLn+yv1V1 BM soluté : CL0=CLn+Cv1 Ici, ce sont les débits L0 et Vn+1 qui
donnent le point figuratif M.
IV- Extraction à
contact :
1) Contact simple (étage
unique) :

Solvant
pur : Vn+1
= B
Raffinat : Ln = A+CLn Mélange
à raffiner : L0=A+CL0 Extrait : V1=B+CV1 Transfert de matière
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2) Extraction à contacts
multiples :

Objectif : Déterminer le nombre d’étages
théoriques d’équilibres pour passer de L0 (x0) à Ln (xn) / Vn (yn)
Données : L0 (x0) ; Ln
(xn) voulus ; équilibres L1/V1
… La/Va = courbe d’équilibre ; isotherme de
solubilité…
Principe : On effectue
le nombre d’équilibres nécessaires jusqu’à obtenir xn calculé < xn voulu.
Rq : Pour pouvoir faire l’extraction, il faut que le
point figuratif correspondant à la somme des débits d’entrée soit dans la zone
de non miscibilité. Ainsi, pour un L0 donné, on peut déterminer un
débit mini et un débit maxi de solvant entre lesquels l’extraction est
possible.
BM global 1ère étape : L0+Vn+1 = L1+ V1=
M1
BM partiel 1ère étape : xL0L0 = xL1L1+yv1V1= xM1M1 soit,
xM1= (xL0L0 )/M1 Þ graph. conodale Þ L1 (xL1)& V1 (yv1)
Bras de levier : L1/V1= d(V1M1)/ d(L1M1)
…
Cf. exemples et Exo.
de TD.

BM global:
L0+Vn+1 = Ln+ V1 =
S
(points alignés) soit, L0
- V1 = Ln - Vn+1
= P (points alignés)
P est appelé Pôle de récurrence.
BM partiel : xL0L0
+y vn+1Vn+1=
xLnLn+yv1V1= xSS soit,
XS= (xL0L0
)/S
Þ graphiquement :
On place P et S.
L0, Vn+1, S & Ln, V1,
S
sont alignés L0,
V1, P & Ln, Vn+1,
P sont alignés
Cf. exemples et Exo.
de TD.
V- Modèle simple
applicable à tous les procédés ; caractériser par une droite
opératoire :
1) Hypothèses
simplificatrices :
-
Soluté unique
-
Solvant B et Diluant A sont totalement non miscibles (A et B conservés le long
de l’échangeur)
-
Régime permanent (paramètres constants indépendants du temps)

2) Echangeur de matière fermé ou semi-fermé :
BM
global : L0+Vn+1 = L1+
V1
BM partiel : X0L0
= X1L1+Y1V1
Comme A et B sont non miscibles, on définit les rapports
massiques :
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BM soluté : C0 = CV1
+ CL1
X0=
C0/A
Y1= CV1/B
X1= CL1/A
Yn+1= 0
L0
= A + C0 = A(1+X0)
V1 = B + CV1= B (1+Y1)
L1 = A + C L1 =A (1+X1)
Vn+1 = B
C0 = CV1 + CL1
devient,
AX0= BY1+ AX1
Et donc :
Y1=(A/B)[X0-X1]
Droite opératoire
- Si le solvant est pur :

Rq :
Pour que l’étage soit un plateau d’équi-libre il
faut que la droite opératoire atteigne la courbe d’équilibre Y= f(X) pour
que Y1 et X1 soient
en équilibre. Alors : échangeur = étage théorique d’équilibre Un
échangeur réel n’atteint pas toujours l’équilibre.
- Si le solvant n’est pas pur :
Yn+1≠0 Þ BM soluté :
Þ C0
+ CVn+1= CV1 + CL1 Þ AX0 + BYn+1= BY1+
AX1 Þ Y1=(A/B)[X0-X1]
+ Yn+1

Il en existe plusieurs
types :
- par rapport à l’équilibre (/enrichissement maxi.) :
h = (M0M1)/(M0M1*)=(X0-X1)/(X0-X*1)=(Y1-Yn+1)/(Y*1-Yn+1)
- rendements de Murphy :
hL=rdt/raffinat=(X0-X1)/(X0-X’’1) //
hV=rdt/extrait=(Y1-Yn+1)/(Y’1-Yn+1)
|
Il
en existe plusieurs types :
-
Efficacité de raffinage : EL=(X0-X1)/(X0-X’’0)
Þ
diluant / L / raffinat
-
Efficacité
d’extraction : EV =(Y1-Yn+1)/(Y’0-Yn+1) Þ solvant / V / extrait
Droite opératoire [M0-M’0]: Y ® ∞ pour X0
CONDITIONS
LIMITES A et B sont à l’∞ ou à 0.
2) Echangeur à contact continu :

Droite opératoire :
Y1=(A/B)[X0-Xn] + Yn+1
Car
Yn+1≠0 Þ BM soluté: C0 + CVn+1= CV1
+ CLn Þ
AX0 + BYn+1= BY1+ AXn
Hyp :
A&B non miscibles conservés le long de l’échangeur – T° cste

Rq :
Si CVn+1= 0, (ie : Yn+1= 0),
on a : Y1=(A/B)[X0-Xn] ;La
droite opératoire passe alors par l’axe des X Þ « extrémité
pauvre » puisque Yn+1= 0 et Xn<<
X0
Construction graphique de Mc C&T donne le nombre d’étages théoriques d’équilibre nécessaire (NET » 2,5 ici). Pour une colonne à garnissage : HEPT = Hgarnissage/ NET.
Þ La colonne garnie est équivalente à une série
d’échangeurs en contre-courant.
Þ Xn et Y1
sont en équilibre ssi l’échangeur équivaut à un étage
théorique d’équilibre.
Entrée Sortie
Raffinat : Ln = A+CLn (Xn) Mélange
à raffiner : L0=A+CL0 (X0)
Transfert de matière continu
Extrait : V1=B+CV1 (Y1)
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Solvant
pur : Vn+1 = B+CVn+1 (Yn+1)
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Droite opératoire :
Y1=(A/B)[X0-Xn] + Yn+1
Car
Yn+1≠0 Þ BM soluté: C0
+ CVn+1= CV1 + CLn Þ
AX0 + BYn+1= BY1+ AXn
Hyp :
A&B non miscibles conservés le long de l’échangeur – T° cste
On obtient au mieux un plateau d’équi-libre si la droite opératoire atteint la courbe
d’équilibre (cas idéal : Y1 en
éq. avec Xn). Ce
système est moins efficace que le contre-courant et n’est utilisé que
lorsque « l’équilibre est bien déplacé » (point [Y1;Xn]
proche de la courbe d’équilibre) et il est moins cher de monter un système
à co-courant. Rq : co-courant Þ pas d’engorgement contre-courant Þ engorgement possible

Rendements :
Il en existe plusieurs types :
- par rapport à l’équilibre (/enrichissement maxi.) :
h = (M0M1)/(M0M1*)=(X0-Xn)/(X0-X*n)=(Y1-Yn+1)/(Y*1-Yn+1)
- rendements de Murphy :
hL=rdt/raffinat=(X0-Xn)/(X0-X’’1) //
hV=rdt/extrait=(Y1-Yn+1)/(Y’1-Yn+1)
Droite opératoire [M0-M’’0]:
Y= Yn+1 entre X0 Þ X’’0
Efficacités :
Il en existe plusieurs types :
- Efficacité de raffinage : EL=(X0-Xn)/(X0-X’’0) Þ diluant / L / raffinat
-
Efficacité
d’extraction : EV =(Y1-Yn+1)/(Y’0-Yn+1) Þ solvant / V / extrait
Droite opératoire [M0-M’0]: Y ®
∞ pour X0
CONDITIONS
LIMITES A et B sont à l’∞ ou à 0.
VI- Technologie des extracteurs :
{Extracteur = Echangeur de matière} Þ permet un contact « intime » entre deux phases (non ou peu miscibles) pour extraire de l’une vers l’autre un ou plusieurs solutés.
Extraction L/L Þ applications (cf. intro du début de cours):
Raffinage (recyclage
solvants), Extraction (valorisation soluté)…
Il existe deux types d’extracteurs :
- colonnes : à garnissage, à plateaux, à atomisation, à pulvérisation
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cf. distillation pour augmenter la surface de contact
Rq : Pour les colonnes, on doit utiliser des fluides de faible viscosité pour avoir un bon écoulement et on doit avoir de bonnes tensions superficielles et aux interfaces A/B, A/garnis-sage, B/garnissage pour que la surface de contact entre A&B soit la plus importante possible.
- mélangeurs décanteurs : (cuves agitées)

- autres types :
systèmes utilisant la force centrifuge (pharmacie); systèmes à plateaux
vibrants
TRANSFERT DE MATIERE : ABSORPTION G/L
Principe : Il s’agit de d’extraire un soluté
dans la phase gaz avec un solvant (phase liquide).
Applications : Opérations importantes en
Génie des Procédés : épuration NH3 / H2SO4/
pollutions industrielles – synthèses de gaz/ bases/ acides…


1) Notation - Absorption/
Désorption :
Þ à contre-courant ; contact continu
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G = débit de gaz
L = débit de liquide
x = titres de soluté dans la phase liquide
y = titres de soluté dans la phase gaz
TM = transfert de matière
2) Droite opératoire :
BM global:
G1+L2=G2+L1 BM partiel: y1G1+ x2L2=
y2G2+ x1L1 On considère que les débits des fluides sont
conservés le long de l’échangeur ce qui se justifie en considérant que les
débits de solutés sont négligeables en comparaison. Ainsi : G1»G2»G & L1»L2»L

D’où : y1G + x2L = y2G
+ x1L Þ y1 = L/G (x1-x2)
+ y22
3) Choix des contacteurs
gaz/liquide :
Pb d’engorgement : équilibre entre débits G, L et internes de
colonne Þ
TM arrêté.
Le constructeur doit fournir
les données techniques permettant de prévoir les conditions limites de
fonctionnement de l’échangeur.
Si réaction chimique : Il faut déterminer l’étape limitant la réaction :
soit la cinétique de la réaction elle-même, soit le TM (d’interface).
« Cinétique
limitant le TM » Þ jouer sur les conditions opératoires (P,T°,V) pour que le TM devienne limitant (ex : dans une
cuve parfaitement agitée, élever la T° pour augmenter la constante de vitesse).
« TM limitant
la cinétique » Þ (on considère que la « cinétique
>>> TM ») - augmenter le TM en agrandissant la surface L/G
[garnissage - dispersions du gaz dans le liquide –agitation…]
Critère de Hatta : On détermine un nombre adimensionnel
permettant de connaître l’étape limitante et ainsi d’adapter le réacteur.
4) Les différents modes
du TM :
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- La diffusion Þ Loi de Fick (cinétique très lente) J(KMnO4)
= -D(KMnO4/H2O).S.grad(C)
[J] = mol/s est un flux molaire,
D la constante de diffusion, S la surface en m² et C la concentration
Du permanganate de
potassium (colorant puissant) déposé dans un bécher d’eau mettra des années à
colorer de façon homogène la solution sans agitation.
Analogie avec le
transfert thermique :

Rappels : Re
= rvd/µ = vd/u (u=µ/r)
; Pr=µCp/l ; Nu=A.Rea.Prb=h.d/l
TRANSFERT DE MATIERE : Extraction supercritique


